RISQUES NATURELS MAJEURS

Le repli stratégique : une option à ne pas écarter.

Cas du Prat de Julian (06)

CONTEXTE DE L'OPERATION

La prévention des risques et la réduction de la vulnérabilité ne conduisent pas systématiquement à la réalisation d'ouvrages de protection. Ce type d'aménagement s'avère souvent extrêmement onéreux, or il n'est pas toujours de nature à influer directement sur le risque, ni même, dans certains cas, à en atténuer suffisamment les conséquences.

Dans certaines situations, la solution du repli stratégique apparait comme la plus judicieuse.

Le site de Prat de Julian (commune de Vence, Alpes maritimes), d'une superficie de 6 ha environ, occupé par 35 constructions il y a plus de 10 ans, a subi en 2000 un glissement qui a entraîné l'évacuation de plusieurs habitations.

Compte tenu des conditions géologiques et géotechniques, il apparait que ce scénario peut se reproduire lors d'un prochain épisode de fortes précipitations, causant à la fois une remontée des nappes et une érosion de pied par la rivière Lubiane.

DESCRIPTIF DE L'OPERATION

Un plan de prévention des risques a été approuvé en 2005, qui classe la zone en zone non constructible.

De nombreuses études et reconnaissances ont eu lieu dans la dernière décennie sur le site.

Les experts ont estimé que le risque fort, mettant en danger les vies humaines, se concentrait à proximité du talus de la Lubiane et qu'en conséquence une expropriation des habitations concernées s'imposait. Ainsi, 11 habitations (dont 5 frappées d'arrêté de péril) ont été expropriées au titre de la loi du 2 février 1995   relative au renforcement de la protection de l’environnement, qui instaure notamment le fonds de prévention des risques naturels majeurs  (dit fonds Barnier, avec financement à 100% dans le cas présent).

Sur le reste du Prat de Julian, si la vie des personnes n'est pas menacée,à court terme, il est très probable que de nouveaux désordres apparaitront, affectant le terrain et les constructions.

La collectivité a pris comme principe qu'à terme, fût-il éloigné, il n'y ait plus d'occupation permanente sur le site. Ainsi, progressivement, les constructions seront rachetées par la puissance publique, la commune pouvant en particulier jouer de son droit de préemption.

Dans la période intermédiaire, où des habitations subsistent sur le site, il est prévu un drainage des sols et la mise en place d'une instrumentation de suivi du glissement qui jouera le rôle d'alerte.

FINANCEMENT DE L'OPERATION

Les opérations de drainage et la mise en place de l'instrumentation ont bénéficié de subventions de l'Etat, du Conseil départemental 06 et de la Région.

  • Montant total : 223 041,05 € HT
  • Participation Etat : 50%
  • Participation Conseil Départemental 06 : 10%
  • Participation Région : 10%
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